
Axel Champloy
peintre voyageur
Jusqu'au Japon sans avion
En novembre 2024 je décide de me lancer à la poursuite d'un vieux rêve : aller au Japon sans prendre l'avion ! Mon objectif est de partir à la poursuite du soleil, plein ouest, à travers l'Atlantique, l'Amérique et le Pacifique. Je voyage en stop, voilier, train, ferry, bus ....J'ai fait le choix de la lenteur, par conviction écologique et artistique, pour que ce voyage ne soit pas consommation mais contemplation.
Mon actualité !
Après 20 jours de traversée à la voile dans le Pacifique, de grandes falaises sortent de l'horizon. Je viens d'arriver aux Marquises sur l'île de Hiva Oa. Les parfums nouveaux et les couleurs vives des fleurs nous accueillent. Les hommes et les femmes ont la tête fleurie, la peau mate et tatouée. Ils font rouler les r sur leur ukulélé. Ils sont musiciens, sculpteurs, danseurs. C'est une terre d'artistes. Devant tant de merveilles je décide d'emboiter le pas de ce bon vieux Gauguin pour rester un peu plus ici.
Carnet de bord
Le départ,
France - Espagne
Le premier novembre 2024 je retrouve Ludmilla à Montpellier. On lève le pouce et en 1 semaine on traverse un bout de la France et l'Espagne !
Maroc
Le 9 novembre 2024 on arrive à Rabat pour rencontrer Patrik le capitaine de la Casba, le catamaran sur lequel on va rejoindre les Canaries.
La traversée
Maroc - Canaries
Le 19 nombre 2024 on part de Rabat à bord de la Casba, en direction des Canaries. Au programme 500 milles nautiques, 6 jours de navigation, et pas beaucoup de vent !
Lanzarote
Les îles Canaries
Le 23 novembre on arrive à Lanzarote, la désertique, l'île la plus à l'est des Canaries. On découvre des paysages volcaniques dignes de Mars.
Gran Canaria
Les îles Canaries
Le 7 décembre on arrive à Las Palmas de Gran Canaria, la plus grande ville des Canaries. On découvre une île contrasté entre des déserts et des forêts, et la ville et la nature.
Tenerife / Gomera
Les îles Canaries
Le 13 décembre Ludmilla part faire un volontariat dans une ferme. Je continue à la voile avec Patrik vers l'île de Tenerife et de la Gomera, où je découvre de splendides forêts primaires.
Bateau-stop
Les îles Canaries
Ludmilla décide d'arrêter l'aventure ici. Je me lance à la recherche d'un voilier pour traverser l'Atlantique. Je passe 20 jours dans le port de Las Palmas avant de trouver.
Traversée
Canaries-Cap-Vert
Le premier février j'embarque à bord du Laurena IV un catamaran de 56 pieds. Direction le Cap-Vert pour 6 jours de traversée. Nous sommes poussés par un vent fort et portés par la houle.
Cap-Vert
Nous voilà à Mindelo, l'escale incontournable du Cap-vert. L'architecture est colorée c'est un régal à peindre. Le soir c'est la fête dans les quartiers style favelas qui se préparent au Carnaval . Quelle ambiance !
Transatlantique
On quitte Mindelo le 8 février. C'est parti pour 2000 mn de traversée en direction de la Barbade. On se laisse porter par les alizés, le vent est stable, la mer est calme, au programme 13 jours de navigations.
Barbados
On débarque sur l'île de la Barbade, la plus à l'est des Caraîbes. L'objectif est de trouver un bateau pour continuer le voyage, mais en attendant je profite des tropiques et des plages paradisiaques.
Traversée
Barbade - Martinique
Le 8 mars j'embarque à bord d'un catamaran de l'association Caribean Cetacean Society en direction de la Martinique. On arrive à bon port après 15 heures de navigation.
Martinique
A peine débarqué je suis accueilli par Hugo que je connais à peine. Ici je découvre le sens de l'hospitalité. Je passe au total plus de 2 mois et demi chez l'habitant. Je profite de cette escale pour répondre à quelques commandes et refaire mes réserves avant de reprendre la mer.
Traversée
Martinique - Aruba
Dans le port du Marin en Martinique je rencontre la famille Eastwest. Je passe l'entretien d'embauche et je suis retenu. Cap sur les îles ABC ! Je suis pendant 2 semaines le grand frère heureux de 4 petites têtes blondes.
Aruba
Je débarque à Aruba début juin. Je me mets en quête d'un bateau pour Panama et je rencontre Karl un vieux loup de mer américain. Dès que la météo le permettra on lève les voiles ! En attendant, Tito son ami Arubéen nous emmène faire le tour de l'île pour manger, boire et danser, quelle aventure !
Traversée
Aruba - Panama
On lève l'ancre, cap sur Panama ! Au programme 6 jours de navigation. Le vent et la houle forcissent, la barre à roue se casse. Heureusement Karl a toujours la solution. Du haut de ses 70 ans il gère son bateau à merveille, et malgré la différence d'âge on s'entend très bien.
Le Canal de Panama
Un voilier se faufile aux pieds des géants d'aciers. D'immenses cargos flottent sur les eaux calmes de la baie, ils attendent patiemment leur tour pour s'engouffrer dans la jungle. Panama nous voilà ! Je débarque avec Karl le 16 juin. On restera ensemble encore 2 semaines. Je profite d'être à côté de la marina pour chercher le voilier qui me portera à travers le Pacifique. Entre 2 escapades à Colon la ville voisine, où je passe des heures à dessiner les enfants dans les rues, je rencontre la famille Alaventour qui cherche un équipier. Je passe l'entretien d'embauche, j'aurai une réponse dans quelques jours. En attendant j'embarque en tant qu'e handliner sur un autre voilier pour traverser le canal ! Coincé entre les cargos, on serpente dans la jungle. Les grandes portes en acier se ferment, des millions de tonnes remontent les écluses aussi légèrement qu'un bouchon de liège. Nous voilà à quelques mètres au dessus de la mer à naviguer sur le lac Gatun. Plus loin, de grandes tours de verres se dessinent au dessus des arbres, c'est la silhouette de la City qui se profile, le fleuve s'élargi, l'horizon se dégage, nous naviguons sur le Pacifique !!
Panama City
Ca y est ! J'ai trouvé un voilier pour traverser le Pacifique. La famille Alaventour vient de m'annoncer la nouvelle : on part dans quelques jours. Je fais le tour de la ville : la City est un endroit déshumanisé, il n'y a plus que des voitures, des centres commerciaux, des buildings et du béton. La vie et la culture ont déserté les rues, la mondialisation et l'uniformisation ont vaincu. Pourtant à quelques encablures de là, des gamins jouent au foot. Les maisons sont serrées les unes aux autres, les murs recouverts de graffitis, les vieux discutent sur le pas de leur porte, la salsa résonne dans les rues. Ici je respire et m'inspire, j'ai trouvé mon terrain de jeu. Je fais des dizaines de portraits d'enfants, je suis heureux. J'apprends que le Lady Blue, le catamaran sur lequel je dois embarquer vient d'être foudroyé, toute l'électronique est grillée. Le départ est reporté. Je décide alors de partir à l'aventure, je vais peindre dans la jungle, aux îles San Blas, dans les montagnes. Je découvre des paysages sublimes, et je profite une dernière fois de la terre ferme avant l'océan, immense.
Le grand départ
Océan Pacifique
Adios Panama ! Le 10 août on lève les voiles, direction les Perlas. Nous nous arrêtons dans l'archipel pour attendre les vents favorables et prendre le large. Un matin l'équipage est réveillé par la voix aigue de Lulu le petit dernier : Oh ! Oh ! Baleine ! Baleine ! On aperçoit au loin des geysers, soudain, une énorme baleine monte dans les airs et retombe en grandes vagues. Ce spectacle durera jusqu'à notre départ. Le 15 le vent se lève, on remonte l'ancre et on hisse la grand voile ! On fait cap sud-ouest vers la Polynésie. Au programme 30 jours de navigation à travers le Pacifique. Nous sommes prêts, le bateau est plein à craquer de nourriture. Les régimes de bananes pendent dans le cockpit. Les premiers jours de navigations sont difficiles, nous sommes dans le pot aux noirs ou la zone de convergence intertropicale. C'est une région sans vent, remplies de grains qui martèlent la mer d'éclairs et soufflent de grandes bourrasques. Plus on avance, plus le vent se lève, bientôt nous sommes au près avec le vent et les vagues de face. C'est encore pire, le bateau se fait secouer dans tous les sens. Au 7ème jour de navigation, le Lady Blue est frappé par une grande vague. Le hauban tribord lâche, le mât tombe. C'est la douche froide. On doit vite réagir, le mât tape contre la coque et menace de couler le bateau. Alex le capitaine décide de tout couper et d'abandonner le gréement aux abysses. Par chance nous sommes à 200 milles des Galapagos et par miracle nous avons suffisamment d'essence pour atteindre l'archipel au moteur. Le 23 août dans la nuit, nous jetons l'ancre sur l'île de la Genovesa au nord des Galapagos, nous sommes sauvés !
Galapagos
Aux Galapagos, nous sommes accueillis par Captain Nay à bord de son grand navire de croisière. Il nous donne suffisamment d'essence pour rejoindre Santa Cruz, l'île principale et nous offre un bon repas avant de partir. Le soir même nous traversons l'équateur entre 2 îles de l'archipel, c'est la première fois de ma vie que j'arrive dans l'hémisphère sud. A Santa Cruz, Viko nous attend, c'est le vieux loup de mer qui a tous les secrets du port. Il me prend de suite sous son aile, il me fait faire le tour de la baie avec son annexe, me présente sa nièce, me fait nettoyer des coques de bateaux dans les eaux glacées, et le soir me traîne dans les bars. Avec tout ça je progresse vite en Espagnol. Je quitte à grands regrets ma nouvelle famille qui va rester encore plusieurs mois ici dans l'attente d'un nouveau mât et je rejoins Soa un voilier français que je vais garder pendant 1 mois. Tous les jours je pars avec mes peintures à la recherche de modèles : tortues géantes, fous à pattes bleues, pélicans, otaries, iguanes de mer... C'est le paradis. ! Mais le vent se lève, et il est temps de repartir ! Je rencontre Thomas et Anna qui acceptent de m'embarquer avec eux à bord de leur voilier Altaïr. En route pour les Marquises !
Transpacifique
J'écoute une dernière salsa, le cœur serré, le vent nous pousse vers le large. Adios America Latina !
Altaïr est un très beau bateau, c'est un ovni 45, un monocoque en aluminium, il est solide et il va vite. On remonte dans l'hémisphère nord pour emprunter un courant marin, on gagne 3 nœuds, on fait des moyennes à 10 nœuds c'est incroyable ! A bord l'ambiance est très bonne, on s'entend bien tous les 3. Je ne vois pas le temps passer entre les quarts, mes aquarelles et les montages vidéos. Au bout de 20 jours de navigations : Terre ! Terre en vue ! De grandes falaises sortent de l'horizon, les Marquises nous tendent les bras .
























































































